Jésus était, aux yeux de ses compatriotes, trop humain pour révéler Dieu. Ne s’agit-il pas du fils du charpentier et sa famille n’est-elle pas bien connue ?
Ce procès en humanité de Jésus se continue avec l’Eglise. L’Eglise servante n’est pas plus grande que son Maître.
Une Eglise trop humaine, il est vrai, avec cette histoire de 2000 ans où tout n’a pas été édifiant.
Trop simple et trop ordinaire cette messe du dimanche, en comparaison des spectacles que nous offre notre société.
Trop simple et trop ordinaire cette personne malade, ce chômeur, cette personne endeuillée, cet enfant qui fait du bruit.
Trop simple et ordinaire ce monsieur, cette madame tout-le-monde rencontré dans la vie quotidienne.
Notre vie semble parfois trop banale pour intéresser le Dieu trois fois saint.
Et pourtant, Jésus-Christ a voulu tout connaître de notre vie. Il a même voulu porter nos
faiblesses et nos péchés.
Il a consolé, dialogué, guéri, enseigné, prié, dans la simplicité et la discrétion. Tout cela a révélé l’action de Dieu accomplie dans l’humanité de son Fils.
Rien de magique avec Jésus et ses disciples, tout se vit dans la simple foi, ne serait-ce que le simple cri
de la foi. Tout se vit dans la grâce qui nous suffit, même si, comme le dit saint Paul, nous sommes bien faibles.
La bonne nouvelle de Jésus-Christ n’est toujours pas bien reçue dans notre vieux pays,
dans nos vieilles paroisses car les habitants croient sans doute déjà tout connaître. Par rapport à la modernité, l’Eglise semble en décalage, « rétro », dépassée.
Or la mission de Jésus comme celle de l’Eglise est justement de vivre de manière prophétique, donc de manière au moins un peu décalée. Que l’Evangile soit ou non bien accueilli. Le décalage vient d’abord que l’origine de l’Eglise provient en premier de l’amour de Dieu. Cet amour extraordinaire est simple et unifie la vie de chacun, la vie de tous les hommes ensemble. Il rend heureux.
Mais pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué ? La plupart des hommes et même des baptisés ne mettent pas l’amour de Dieu et l’amour du prochain en premier. Dieu est devenu dans notre société le grand Oublié, le grand Inconnu. Sans tout vouloir noircir - car nous aimons notre époque - le règne du chacun pour soi, de l’égoïsme, prédomine largement. Et les idoles "people" de toutes sortes se multiplient et sont chronophages. Nous n’avons plus de temps pour Dieu, mais pour regarder nos idoles "people" trois heures par jour en moyenne sur nos écrans de TV ou d’ordinateur, cela oui.
Puissions-nous alors devenir, comme chrétiens, des prophètes du Dieu d'Amour qui aime la simplicité, le temps ordinaire, les simples relations
humaines. Oui, dans un monde qui est bien compliqué, aimer Dieu et son prochain, cela simplifie la vie !
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